«Je revois aussi une assez grande table, celle de la salle à manger sans doute, recouverte d’un tapis bas tombant ; au-dessous de quoi je me glissais avec le fils de la concierge, un bambin de mon âge qui venait parfois me retrouver. — Qu’est-ce que vous fabriquez là-dessous ? criait ma bonne. — Rien. Nous jouons. Et l’on agitait bruyamment quelques jouets qu’on avait emportés pour la frime. En vérité nous nous amusions autrement : l’un près de l’autre, mais non l’un avec l’autre, nous avions ce que j’ai su plus tard qu’on appelait « de mauvaises habitudes ». Qui de nous deux en avait instruit l’autre ? Et de qui le premier les tenait-il ? Je ne sais. Il faut bien admettre qu’un enfant parfois à nouveau les invente. Pour moi je ne puis dire si quelqu’un m’enseigna ou comment je découvris le plaisir ; mais, aussi loin que ma mémoire remonte en arrière, il est là.» Commentaire d’Oriane (bic vert) : aussi loin que ma mémoire remonte en arrière, le plaisir est là en effet. Le plus souvent solitaire mais aussi, dès que possible, partagé. Comment se fait la découverte du plaisir? N’est-ce pas une pulsion naturelle plus qu’un acquis culturel? L’enfant n’a rien à réinventer, il n’a qu’à écouter son corps, les paroles muettes de son corps pour être plaisir. Note d’Oriane (feutre rouge) : confessions de Marc Hodges, Ma vie sexuelle. Remarque de MH : j’ignore ce que signifie cette note d’Oriane (encore une invention?). De plus je suis incapable de dire si son commentaire et sa note ont été écrits au même moment ou s’il s’agit d’apports plus ou moins éloignés dans le temps.
|